Alain Mabanckou

« honte à toi qui me cantonne
à ce lopin de terre
et me donne le tam-tam à battre

prends donc ta Négritude creuse
porte-la comme viatique
surtout n’oublie pas ta sagaie
encore moins ta natte
on t’attend ainsi
vêtu de peau de léopard

je n’ai pour attaches
que la somme des intersections
les échos de Babel »

Alain Mabanckou, poème extrait de
Tant que les arbres s’enracineront dans la terre


L’écrivain migrateur

« Les chemins qui nous mènent vers un écrivain sont aussi impénétrables que les voies du Seigneur » écrit Alain Mabanckou en postscriptum de sa belle lettre à James Baldwin.
Nous savons bien pourtant pourquoi nous l’avons choisi : pour l’évidence de son style qui, avec un humour décapant, expose tous les préjugés européens sur l’Afrique.
Dans toute son oeuvre, romanesque, poétique, p o l é m i q u e , A l a i n Mabanckou refuse la colère et lui préfère l’indignation : « Sans doute les Noirs de France n’ont-ils pas encore pris conscience de cette « a r m e » q u ’ e s t l’indignation, prolongement de la posture de Gandhi, nouvelle forme d’action non violente.
L’indignation telle que je l’entends […] ne signifie pas l’extériorisation de la haine, encore moins le zèle qu’on déploie dans le dessein de vite réparer une injustice « par tous les moyens nécessaires », mais la mise à nu de l’événement, dans une lecture cohérente et objective. » 

Bio-bibliographie

24 février 1966 : Naissance au Congo- Brazzaville. Son enfance de fils unique se passe à Pointe-Noire, capitale économique du Congo, ville côtière, où il obtient un baccalauréat option Lettres et Philosophie.

1989 : Départ du Congo pour la France, Alain Mabanckou fait des études de droit, comme le souhaite sa mère.

1993 : DEA en droit des affaires à l’université Paris-Dauphine. Parution du premier livre, Au jour le jour, recueil de poésies.

1995 : Décès de sa mère Pauline Kengué à Pointe- Noire ; il lui dédira ses livres, notamment Verre Cassé et Black Bazar.

1998 : Parution de Bleu blanc rouge, premier roman, Grand Prix littéraire de l’Afrique noire.

2001 : Résidence d’écriture aux États-Unis à l’Université du Michigan-Ann Arbor.

2002 : Nommé professeur des littératures francophones à l’Université du Michigan-Ann Arbor.

2004 : Décès de son père Kimangou Roger à Pointe-Noire. Médaille de Citoyen d’honneur de la ville de Saint- Jean d’Angély (Charente Maritime, France).

2005 : Parution de Verre Cassé aux éditions du Seuil, qui obtient le Prix des Cinq Continents de la francophonie.

2006 : Réédition en Points-Seuil de deux romans parus précédemment aux éditions Le Serpent à Plumes : African psycho et Les Petits-Fils nègres de Vercingétorix.
Nommé Professeur des littératures francophones à l’Université de Californie-Los Angeles, UCLA. Parution du roman Mémoires de porc-épic aux éditions du Seuil, prix Renaudot.

2007 : Parution de l’essai sur James Baldwin, Lettre à Jimmy (Fayard), repris en Points-Seuil en 2009 et de Tant que les arbres s’enracineront dans la terre, ouvrage regroupant plusieurs recueils poétiques déjà parus.

2008 : Traduction de l’anglais au français du roman d’Uzodinma Iweala, Beasts of no nation (Bêtes sans patrie), aux éditions de l’Olivier.

2009 : Parution de Black Bazar, roman, aux éditions du Seuil. Sélection Prix RTL-Lire, Prix Louis-Guilloux, Prix des Lecteurs de L’Express.



La bio-bliographie d'Alain Mabanckou