Née en 1967 à Toulon et grandi au Havre.
1985-1990 : Paris, Sciences humaines : Histoire, Philosophie, Ethnologie.
1991-1996 : éditrice chez Gallimard-Jeunesse, collection des Guides Gallimard. 
1997 : deux longs séjours aux États-Unis, à Golden, Colorado. 
1998 : anthropologie sociale à l’E.H.E.S.S.
1998-2002 : retour chez Gallimard, dirige le département Documentaires.
2004- 2008 : création de la maison d’édition Le Baron Perché, spécialisée jeunesse : une soixante de livres et albums seront réalisés.


Je marche sous un ciel de traîneVerticales (2000)



Premier roman, Je marche sous un ciel de traîne, met en scène deux solitaires cachés au creux d’un Périgord reculé. Liés par une singulière amitié, le libraire Armand Tabasque et Antoine Dezergues, dessinateur trentenaire, vont être conduits à ouvrir les malles de leur passé. L’arrivée de Claire, la jeune nièce de Tabasque, fait se lever un vent d’énergie sur ces hommes qui pensaient ne plus pouvoir prendre la vie à bras le corps. En ouvrant les dossiers poussiéreux qui datent du milieu du siècle ; en exposant au regard les photographies de famille que sa grand-mère avait prises, Claire déverrouille le cœur des hommes. Leurs souvenirs, intimes et collectifs, plus ou moins douloureux, se remettent à parler.
Dans ce roman de facture traditionnelle, Maylis de Kerangal travaille merveilleusement sur ce qu’est une rencontre. Amitié et amour permettent aux personnages de régler leurs comptes avec leur famille, d’en assumer les figures tutélaires, de se débarrasser, peut-être, d’un destin. Les nuages s’écartent, ils peuvent marcher enfin « sous un ciel de traîne » ; leur perturbation prend fin. 



La vie voyageuseVerticales (2003) 



La Vie voyageuse de Maylis de Kerangal s’ouvre sur une fête de famille au cours de laquelle Ariane Malauzier, la trentaine, se voit remettre par sa tante Jeanne une photo en noir et blanc représentant un homme. Mission pour la jeune femme, journaliste pour la revue L’Alchimiste spécialisée dans la recherche généalogique, d’enquêter sur l’homme du portrait, Ignacio Torres, un amour de jeunesse. Enquête à travers l’Europe occidentale, de Barcelone au Havre en passant par Enghien-les-Bains, quête d’un passé marqué par la guerre d’Espagne, La Vie voyageuse plonge le lecteur dans l’intimité d’Ariane, blessée elle aussi par une rupture amoureuse avec un dénommé Marc, qui tente de dénouer le fil d’un passé enseveli par les silences et les années. Maylis de Kerangal, dans ce deuxième roman, explore les replis de l’être avec une rare liberté narrative ; ellipses, retours incessants sur le passé, tout concourt à donner le portrait de la vie en ordre de marche. 



Ni fleurs ni couronnesVerticales (2006)



Ni Fleurs ni couronnes de Maylis de Kerangal réunit deux récits qui entraînent le lecteur dans un troublant voyage insulaire, entre l’Irlande et l’Italie. Le premier récit qui donne son nom au recueil se situe pendant la Grande Guerre, en Irlande. Finnbarr Perry, rejeton d’une famille décimée par la pauvreté, tente de s’enfuir pour l’Amérique quand il assiste au naufrage du Lusitania attaqué par un sous-marin allemand. Accompagné d’une inconnue, le jeune homme s’engage sur un bateau pour repêcher les noyés. Le second récit intitulé « Sous la cendre » suit les pas de deux voyageurs étudiants et d’une jeune fille sur les pentes du Stromboli. On est en 2003, le volcan gronde à l’image du passé qui jaillit sans que l’on y prête garde, trop occupé à grimper le volcan. Avec son art du rythme et de l’ellipse, la romancière nous plonge dans ces instants, brefs, où la vie bascule, où les corps plongent dans l’inconnu. 



Dans les rapidesNaïve, coll. « Naïve sessions » (2006)



Trois amies, à l’aube de leur jeunesse, vivent au Havre en 1978. Elles partagent une passion pour Debbie, la chanteuse blonde et sexy du groupe Blondie. Mais un jour, Nina découvre Kate Bush et se détache peu à peu du trio. Une balade douce et rythmée qui évoque avec tendresse les méandres de l’adolescence.



Une chic filleNaïve, coll. « Naïve fictions » (2008)



Vicky Lynn Hogan était une chic fille, tous ceux qui l’ont connue sont unanimes. Les témoignages qui concernent Anna Nicole Smith sont plus divergents. Il faut dire que la métamorphose physique qui a accompagné le changement de nom s’est fait sans concession, exactement comme elle le voulait. Anna Nicole est devenue une playmate, mauvais sosie de Marilyn pour les uns, femme fatale pour les autres. 
Surexposée médiatiquement depuis qu’elle s’est mariée et est devenue veuve du milliardaire J. Howard Marshall, ses frasques feront partie de la presse ‘pipole’ quasi quotidiennement jusqu’après son décès.
Une chic fille est l’œuvre d’un collectif auquel a participé Maylis de Kerangal. Sorte de cadavre exquis de témoignages de ceux qui un jour ont croisé la route d’Anna Nicole Smith, il nous livre la réalité ou le fantasme de la vie de la chanteuse et comédienne américaine au destin tragique.



Corniche KennedyVerticales (2008)



A Marseille, après avoir longé le Vieux port, on poursuit sa route en laissant en contrebas la mer. Cette route sinueuse est bien connue de tous les Marseillais, c’est la Corniche Kennedy. C’est le décor principal de l’avant-dernier roman de Maylis de Kerangal. Au cours d’un été, sous un soleil de plomb, quelques adolescents prennent position sur des rochers et plongent sans retenue dans la mer. C’est un jeu dangereux qui procure de puissantes montées d’adrénaline ! Au sein de ce cercle d’amis intrépides se nouent des idylles, des sentiments de jalousie, sans relâche il est question de défi, de limites à dépasser… Ce petit théâtre est observé par un commissaire à la dérive qui n’a de cesse de vouloir empêcher les gamins de plonger. Un roman envoûtant gorgé de soleil et de sensualité, le choix d’une écriture haletante et vivante donne au récit tout son éclat. Une vraie plongée dans l’âge de tous les possibles, un livre extraordinaire ! 



Naissance d’un pontVerticales (2010)

 

Naissance d’un pont est une parenthèse dans l’histoire d’une ville mais un moment de concentration d’histoires humaines. Il n’y a pas de hiérarchie, du chef de chantier à l’ouvrier non qualifié, tous sont des hommes et des femmes qui sont venus vivre une grande aventure en charriant avec eux leur histoire, leur passé, leur famille, que ceux-ci soient à des milliers de kilomètres ou simplement sur l’autre berge du fleuve. Les destins se croisent, certains se font. Pas facile de s’imposer en tant que femme responsable ‘béton’ dans ce monde masculin, de faire un choix entre son statut de cadre et ses inspirations syndicalistes, laisser le hasard d’une quasi mise à mort faire émerger l’amour, là où la solitude et la résignation s’étaient imposées. Le pont construit, ceux qui l’auront fait naitre passeront leur chemin. Restera pour eux une certaine fierté, inavouable peut-être mais bien réelle, et pour le lecteur le sentiment avouable et tout aussi réel d’un grand plaisir de lecture.



Autres textes de Maylis de Kerangal :

• La rue, Pierre Terrail, coll. « 2000 ans d'images » (2005).
Le sport par les gestes, Collectif sous la direction de François Bégaudeau et Xavier de la Porte, Calmann-Lévy (2007).
La peau d'une fille qui rentre de la plage, avec les peintures de Robin Goldring, Prodromus (2007).
Spéciale coupe du monde, Hors série Revue du Collectif Inculte, Éditions Inculte (2006).
Binocles Œil de Biche & Verres Fumés, avec le Collectif Minimum Rock'n'Roll, Le Castor Astral (2008).
Femmes et sport : regards sur les athlètes, les supportrices, et les autres, avec Joy Sorman, Helium (2009).